Latran...une réaction...
Ce texte est paru dans le courrier des lecteurs de Sud Ouest Dimanche du 20 janvier 2008... Il a été écrit par ma mère, Andrée Bonnaud, 80 ans, ancienne institutrice...
J’ai relevé avec stupeur dans le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à St Jean de Latran lors de son intronisation en tant que Chanoine d’ Honneur, la phrase suivante : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. ».
J’ai relevé avec stupeur dans le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à St Jean de Latran lors de son intronisation en tant que Chanoine d’ Honneur, la phrase suivante : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. ».
Ancienne directrice d’école, je n’aurais jamais pensé pouvoir entendre dans la bouche d’un Président de la République que les instituteurs étaient inaptes à apprendre la différence entre le bien et le mal, dans un propos par ailleurs passablement incohérent. Les vertus de la laïcité y étant, par instants glorifiées, pour être par la suite vilipendées, comme la loi de 1905.
Nicolas Sarkozy, dans le même discours, affirmait que c’était « surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage des souffrances de leurs concitoyens, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé l’anticléricalisme. »
Avait-il oublié que les instituteurs, comme les prêtres, avaient, eux aussi, partagé les souffrances des tranchées, et plus tard, les combats de la Résistance ?
Dans leurs tombes, les « Hussards de la République » qui ont tant œuvré pour son maintien et sa réussite ont dû se sentir insultés comme l’ont été les enseignants d’aujourd’hui dont le charisme émane souvent d’un engagement porté par la foi humaniste.
Respecter l’école publique, école de tolérance et de fraternité, doit être un devoir absolu pour un Président de la République
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