Une femme mesurée… un Premier Ministre en démesure
Sur France Info vient de passer une longue interview de la directrice de la structure où la mère qui a poignardé le juge ( hors de danger… mais gravement blessé néanmoins ) pouvait depuis 3 ans rencontrer son fils une fois par semaine.
Cette directrice a exprimé en termes posés, intelligents et précis tout le contexte général ( et non pas celui particulier à cette femme et son enfant ). La violence de tous les jours dans la vie de ces personnes, la douleur de ne plus avoir son enfant, le mur d’incompréhension face à une société de plus en plus complexe, le manque de suivi au quotidien de ces personnes dans tous les domaines des travailleurs sociaux – des assistants aux conseillers en passant par les psychiatres ou par un suivi médical souvent nécessaire mais qui est lui aussi complètement débordé… -
Le Premier Ministre a demandé, lui, sous un mois, à R.Dati ministre de la Justice, un rapport et un plan de sécurité. Une sécurité qui passe, selon lui, par une modernisation de la justice. On s’achemine vers une réforme de la carte judiciaire qui est héritée du passé et un regroupement des tribunaux. «Si on veut des tribunaux modernes, efficaces, avec des juridictions spécialisées et des moyens pour assurer la sécurité de ces tribunaux dans le contexte budgétaire qui est le nôtre, il faut accepter de revoir la carte judiciaire et les réformes de fond qui s'imposent: il y a des tribunaux qui doivent être regroupés», «Nous l'avons dit pendant la campagne présidentielle.» François Fillon sur RTL ce Mercredi matin
Le Premier ministre a également reconnu que les moyens pour protéger les magistrats étaient insuffisants et promet d'y remédier afin de garantir la sérénité au sein des tribunaux.
Donc ma boule de cristal prévoit : on regroupe ( pour économiser ), on met des policiers ( voire même des militaires cf plan Vigipirate ) dans les tribunaux, armés jusques aux dents et prêts à bondir afin de montrer que face à la violence… on sait réagir…
Pas un seul mot du traitement social de ce mal être, pas d’amélioration des suivis médicaux, des suivis judiciaires…
François Fillon, lui, quand il parle de ceux qui ne pensent pas comme lui, il fustige comme à Lyon Lundi soir «l'imposture morale» d'une «gauche des grandes âmes sèches, qui pratique la justice sociale comme on offre un caramel mou du bout des doigts, à la sortie des kermesses dominicales».
Si S.Royal avait élue et avait dit la moitié de cela… là la droite aurait demandé la réouverture urgente des centres psy afin de soigner cette hystérique ( une femme… c’est forcément hystéro ! )
Mais Fillon n’attaque pas que la gauche. Il a la rancœur tenace de ne pas avoir été pris par Jacques Chirac et D. De Villepin dans son ministère… Le 29 mai, à Nice, il ridiculisait publiquement Jacques Chirac que l’on n’entendait «que le 14 juillet et le 31 décembre», et célébrait la détermination de N.Sarkozy à «agir autrement, autrement que ce qui a été fait depuis vingt-cinq ans, car les Français ne supportent plus les hésitations et les revirements».
Pour ma part, et bien avant qu’il ne fut un détestable ministre de l’éducation, François Fillon restera toujours celui qui avait montré du doigt , alors qu’il était ministre des Affaires sociales de Raffarin et que la réforme des retraites s’enlisait, «la responsabilité du Front populaire dans l'effondrement de la nation» en juin 1940.
Pour la gauche François Fillon, la gauche n’est donc que trahison.
N. Sarkozy aura beau tenter de se faire passer pour le président de tous les français ( ce que sa charge lui impose ), F.Fillon lui incarne bien les valeurs à la fois d’une droite qui n’hésite pas à flirter avec celle des années 30… tout en regardant avec les yeux de Chimène le CAC 40 et les Républicains… américains !
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