25 000 sinon rien mais 8 hommes debout
Cela pourrait être le titre d’un polar mais ce n’est que la réunion de deux informations.
Lisez d’abord ce communiqué de presse, en date du 19 mai.
L'Immigration et identité nationale : une association inacceptable
Depuis 2003 nous avons participé au projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI).
Cette Cité, qui doit ouvrir ses portes en cette année 2007, a été voulue, comme un nouveau lieu de l’histoire de France, au lendemain des élections présidentielles de 2002, à l’occasion desquelles les Français avaient signifié leur refus de la tentation xénophobe.
Ce lieu entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, transformer et à enrichir la France. Rendre compte de la diversité des histoires et des mémoires individuelles et collectives, en faire l’histoire de tous, avec ses moments glorieux et ses zones d’ombre, aider ainsi au dépassement des préjugés et des stéréotypes, tels sont les enjeux qui nous ont mobilisés autour de ce projet.
L’instauration d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et des armes. Or il n’est pas dans le rôle d’un Etat démocratique de définir l’identité. Associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans notre République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur être même.
Ce rapprochement s’inscrit dans la trame d’un discours stigmatisant l’immigration et dans la tradition d’un nationalisme fondé sur la méfiance et l’hostilité aux étrangers, dans les moments de crise. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l’avenir, autour d’une histoire commune que tous étaient susceptibles de s’approprier, ce ministère menace au contraire d’installer la division et une polarisation dont l’histoire a montré les ravages.
Voilà pourquoi nous démissionnons à compter de ce jour de nos fonctions officielles à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.
Nous tenons cependant à saluer le remarquable travail effectué depuis plus de trois ans par Jacques Toubon et toute son équipe. Nous avons pu y être associés dans un esprit de liberté intellectuelle et d’indépendance. Nous continuerons de soutenir ce projet tant que son esprit perdurera.
Marie-Claude Blanc-Chaléard, historienne (Paris1)
Geneviève Dreyfus-Armand, historienne (BDIC)
Nancy L. Green, historienne (EHESS)
Gérard Noiriel, historien (EHESS)
Patrick Simon, démographe (INED)
Vincent Viet, historien (IDHE)
Marie-Christine Volovitch-Tavarès, historienne
Patrick Weil, historien (CNRS-Paris1)
Le texte est clair, ces historiens qui sont reconnus dans le monde universitaire et de la recherche tant sur le plan français qu’européens se démarquent clairement de ce qui se profile à l’horizon.
Mais ce gouvernement n’est pas un gouvernement qui se referme… non … cela se saurait… On discute, on rencontre, on parle … mais rien ne dit si l’on écoute !
"L’opposition entre immigration et identité nationale est un mauvais signal en direction d’une partie de la population française", selon Nancy Green, . Pour Patrick Weil, "ce genre d’association d’idées a notamment été utilisé par l’Action Française ou le Club de l’horloge"… On a connu cette problématique aux Etats-Unis. "Le contrôle des frontières et les naturalisations sont deux choses tout à fait différentes et qui se marient mal. Vouloir rassembler ces deux prérogatives sous le sceau de l’identité nationale me semble très dangereux." Ce nouveau ministère créé une "crispation sur une identité unique qui n’existe pas dans un grand pays d’immigration tel que la France et qu’on ne peut décréter", a complété Nancy Green.
Voilà, entres autres choses et selon la dépêche AFP, ce qu’ont déclaré ces chercheurs au ministre qui les recevait en compagnie de Jacques Toubon, président la Cité et des 4 autres membres du comité non démissionnaires ( qui doivent se sentir à l’aise désormais lors des réunions … )
B.Hortefeux rappelle qu’il veut être le ministre de ce vivre ensemble… D’ailleurs, pour bien le montrer son ministère dévoile ses autres rendez vous de la semaine dernière : avec les représentants des associations de défense des droits des étrangers dont les présidents de Forum réfugiés et de France Terre d'Asile, des représentants associatifs. Tour cela montre "un premier contact marquant une volonté d'échanger et de dialoguer", selon l'entourage du ministre.
Vous connaissez le blogueur que je suis, je n’ai pas mauvais esprit. On me le dit, pourquoi le mettre en doute ?
Peut-être à cause de cela « Nous resterons très fermes : pour 2007, l'objectif est de 25 000 éloignements. Les étrangers sans papiers n'ont pas vocation à rester en France, mais à être raccompagnés dans leur pays d'origine, de manière volontaire ou contrainte ». ( Le Figaro – 1er Juin )
Sur le principe comment ne pas être d’accord…
Mais notre bon ministre ne précise pas de quelle manière les diverses politiques et décisions du gouvernement précédent ont créé des sans papiers, c'est-à-dire ont fait en sorte que des gens, travaillant et bénéficiant déjà de certains droits en France ( et aussi des devoirs… ils travaillent, cotisent, consomment et paient éventuellement des impôts… ) ont vu leur demande de renouvellement de papier refusées.
Moi, ce qui me choque c’est la juxtaposition de Objectif, 25 000 … et ce mot qui résonne dans ma tête, que je trouve très gênant, quelque peu orwélien peut-être … éloignement …
Un objectif de 25 000 … Passons sur le découpage des attributions de chaque ministère… B.Hortefeux se voyait ministre de l’ Intérieur… mais il ne l’ est pas et les policiers et gendarmes qui ne rempliront pas ce quota auront quoi ? un blâme public, un éloignement à Saint Pierre et Miquelon ? Et ceux qui en feront trop, si l’on arrivait à 30 000 ? Ils seraient priés d’accompagner eux-mêmes en tandem entre Paris et Bamako leur expulsés sur numéraire histoire de leur faire comprendre que le zèle ne doit pas faire mentir un ministre ?
Et je reviens à ce mot… éloignement … Est-ce la nouvelle mouture politiquement correcte de expulsion.
Ainsi on ne dira plus
« 30 maliens ont été expulsés avec leur famille hier » mais
« un certain nombre ( comme ça, à la fin de l’année, on ne pourra pas vérifier les comptes et voir s’il y en a plus ou moins de 25 000 ! ) d’africains d’origine subsharienne ont été momentanément éloignés de la chambre d’hôtel qu’ils louaient fort légalement pour 2000 euros par mois, ainsi que de leur emploi dûment déclaré auprès d’entreprises du BTP qui, pour l’occasion, n’ont pas à appeler Harry Roselmack pour mettre un peu de couleur dans leur grille de chantier… »
Un « honorable »prédécesseur de N.Sarkozy avait déclaré en son temps « Il faut terroriser les terroristes ». La Corse et les divers poseurs de bombe à Paris et ailleurs en rient encore… ( d’ailleurs à ce propos, durant la campagne électorale, le blogueur s’était demandé si Charles Pasqua n’était pas vraiment mort ou du moins franchement malade car on ne l’a absolument pas entendu… Qu’elle ne fut pas ma surprise quand je le vis, juste après le 6 mai, frais comme une rose ( enfin, non pas une rose… frais comme une anguille… ) faisant la promotion du premier tome de ses mémoires… )
B.Hortefeux, qui n’a ni le talent, ni la roublardise de Monsieur Charles, se contentera d’être le bon petit soldat du Président ex – futur Candidat, toujours ministre de l’intérieur et ministre de tout en définitive… Il terrorisera juste un peu celui qui a un titre de séjour, une peau couleur Dom Tom ou un nom à consonance hongroise ou d’un autre pays de l’Est…
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