Dati / Fillon, réponse de B.Debré : ambiance UMP entre compagnons !

Publié le par Thierry Bonnaud

Comme on dit, soyons charitable... et surtout leurs mots dépassent bien d'autres maux !  Même Sarkozy n'arrive plus à les tenir ...

 

Lettre de Rachida Dati à François Fillon : "Votre arrivée est une faute, une faute triste"

Point de vue | LEMONDE | 12.12.11 | 14h17   •  Mis à jour le 12.12.11 | 17h13

par Rachida Dati, maire du 7e arrondissement et députée européenne

L'ancienne garde des Sceaux reproche au premier ministre sa candidature dans la 2e circonscription de Paris.

Monsieur le Premier Ministre, vous avez décidé d'être candidat à Paris. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les Parisiens et pour notre famille politique, s'il s'était agi de venir soutenir ceux qui, depuis plusieurs années, se battent contre une politique municipale qui pénalise les familles et les classes moyennes, qui organise une ville-musée et non une ville animée par le désir d'être inventive pour l'emploi, la recherche, les filières d'excellence, pour de meilleures conditions de transport et de vie.

Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s'il s'était agi d'aller convaincre les Parisiens qui doutent que les choix de mise en mouvement de la société française faits par le président de la République sont les bons.

Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s'il s'était agi de montrer aux Parisiens qu'on peut partager une expérience politique, sans pour autant rechercher le confort et la facilité. Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s'il s'était agi de prendre des risques pour ses idées.

Mais vous n'avez pas fait ces choix, et votre arrivée n'est finalement pas une bonne nouvelle. C'est une faute, une faute triste.

Elle est le retour d'une manière de faire de la politique, celle qui soumet les règles et les usages aux pressions de l'ambition solitaire des puissants, celle des appareils politiciens ; une manière de faire de la politique qui n'a jamais favorisé la promotion des femmes et qui empêche à chaque élection l'émergence de la diversité ; une manière de faire de la politique qui ne valorise pas le travail de terrain et les élus, une manière de faire de la politique qui est le refus du contact avec la France populaire pour ne privilégier que les élites d'appareil.

C'est la manière de Cécile Duflot, secrétaire générale d'Europe Ecologie-Les Verts, qui veut prendre la place de la seule femme députée de Paris qui n'est pas une cumularde et qui est présente dans les rues du 11e arrondissement tous les jours depuis des décennies, contrairement à la plupart des élus socialistes de Paris.

En choisissant la facilité, une "circonscription sans électeurs", comme vous le dites de manière étonnante, vous allez casser ce que Nicolas Sarkozy a fait de mieux, de plus symbolique au cours de son quinquennat, montrer que la réussite de l'intégration, c'est de pouvoir convaincre notre électorat le plus traditionnel qu'il peut être représenté par quelqu'un qui n'a ni les mêmes origines sociales ni les mêmes origines culturelles.

Vos chargés de mission sur le terrain pourraient entendre ce que j'entends sur les marchés parisiens. Le courage chez Nicolas Sarkozy c'est quand "Rachida" a succédé à Edouard Frédéric-Dupont.

Cela, la gauche ne l'a fait nulle part. Cela devrait être la fierté de la droite républicaine au moment où le Front national tente de lui faire abandonner ses valeurs.

Votre choix, s'il se maintenait, serait donc pour nos valeurs celui de la régression, celui du retour aux errements qui nous ont fait perdre Paris. Du reste, je constate amèrement avec la majorité des élus parisiens de la droite et du centre que vous souhaitez, grâce à votre candidature, remettre en selle le clan qui nous à fait perdre Paris et le coeur des Parisiens et qui a ainsi favorisé la victoire de la gauche.

La politique du président de la République a été celle du courage, celle de l'impopularité nécessaire au moment où il s'agissait de faire des choix pour rénover la France. J'ai servi cette politique en menant jusqu'au bout la réforme de la carte judiciaire, en engageant une réforme profonde du code de la justice des mineurs, en défendant par mon exemple la laïcité, en allant au-devant des Parisiens avec une histoire personnelle peu habituelle dans le quartier des ministères.

Nicolas Sarkozy, et comme de nombreux enfants issus de l'immigration, je l'en remercie, a porté haut les valeurs de l'intégration républicaine. Il a montré l'exemple.

A Paris, pour un homme comme vous qui a dit longtemps vouloir s'inspirer du gaullisme social, le courage serait d'aller au-devant de la diversité parisienne, là où notre famille politique a besoin de soutien, là où Philippe Séguin avait fait le choix de se battre, là où la pratique politique de la majorité municipale est celle du cumul des mandats, du refus du renouvellement des générations, du refus de promouvoir la diversité, du refus de la République intégratrice. Là où Alain Juppé avait su battre Lionel Jospin.

Comprenez, Monsieur le Premier Ministre, quand il en est encore temps, que l'enjeu n'est pas la circonscription. L'enjeu, maintenant, c'est l'honneur de ceux que je représente, ceux qui croyant en moi ont cru en vous. Ceux pour lesquels vous avez placé un visage sur leur espoir, ceux qui ont cru à vos symboles, et qui reconnaissent aujourd'hui la légitimité de ma démarche.

Vous m'avez placée, vous-même, face à mon devoir de résistance. Vous êtes le seul à posséder la solution au problème que vous avez créé. Au nom de notre famille politique, au nom des valeurs dont vous vous réclamez, je vous le demande solennellement, refusez la facilité, car Paris et les Parisiens aiment le courage.

Maire (UMP) du 7e arrondissement

de Paris et députée européenne

http://www.bernarddebre.fr/actualites/lettre_ouverte____rachida_dati

Reponse de Bernard Debré sur son blog

Lettre ouverte à Rachida Dati

Société | Ajouté le 13.12.2011 à 11H17

Chère Rachida,

Ta lettre publiée dans « Le Monde », ce lundi, a dû être écrite avant que tu n’aies eu connaissance des sondages publiés dimanche dernier. Tu y es créditée de 8% des voix, c’est-à-dire au même niveau que les Verts.

Je ne voudrais pas être méchant et te rappeler ceux effectués, il y a quelques mois, où tu n’étais créditée que de 5 % des voix. Tu as donc progressé mais il ne semble pas que cela te suffise pour que tu puisses parler sur ce ton au Premier ministre, qui fut ton Premier ministre.

Ta lettre est dramatique en ce qu’elle révèle de ta personnalité profonde, non pas de révoltée mais de petite fille gâtée par la vie. Je parle de la vie publique.

Tu as été nommée Garde des Sceaux, Ministre de la Justice : quelle promotion formidable, certainement due à tes capacités, je n’en doute pas ! Tu as ensuite conduit la liste UMP pour les élections européennes. Cet honneur, car c’en était un, t’a conduit à être député européen. Avec tes colistiers, tu représentes la France. Auparavant, l’UMP t’avait offert la mairie du 7ème arrondissement. Que de scrutins par listes ! Ceux qui auraient pu te faire de l’ombre ont été écartés, parfois sans ménagement. D’autres ont été placés ailleurs…

Te voici donc bien pourvue : député européen, conseillère de Paris, maire du 7ème arrondissement. Voici un beau cumul de mandats ! Mais cela ne te suffit pas. Tu en veux plus ! Il faut, devant tes caprices, s’incliner ou disparaître.

Jusque là, je te le signale, tu as été élue sans effort, sans compétition. En réalité, tu as été nommée, purement et simplement ! Essaie de conserver un minimum de gratitude.

Tu fais partie de la Majorité. Du moins le pensais-je encore jusque récemment. Mais ton acharnement, qui n’a d’égal que ton ego (c’est bien peu dire), est devenu insupportable, s’il n’était pas pathétique.

Tu es femme. Tu veux promouvoir les femmes en politique (en commençant par toi bien entendu). Alors pourquoi avoir fait battre Catherine Dumas aux dernières élections sénatoriales ? Elle était sénateur sortant. Elle n’avait pas démérité, tant s’en faut. Tu as préféré faire voter en sous main pour Pierre Charon ! Belle promotion féminine ; comme si ces manigances étaient à l’honneur des quelques femmes qui t’ont suivi sur ce sentier de trahison et d’injustices.

Tu es femme et tu veux, à ce seul motif, que l’on s’incline devant ta volonté ! Tu oublies toutes ces femmes investies puis parties, elles, à la conquête de circonscriptions difficiles, sans états d’âme, mais avec l’acharnement des militantes qui veulent défendre une certaine idée de la politique. Par ton comportement, tu ne leur fais pas honneur, ni à leur condition féminine.

Tu dis faire partie des minorités, elles peuplent heureusement la France. Oublies-tu celles et ceux qui, sans mettre en avant ce statut, se battent dans notre mouvement pour faire triompher nos valeurs communes ? Là encore, par ce comportement, tu discrédites leurs efforts discrets mais constants.

Ensuite, tu utilises un « détournement émotionnel » pour ta propre promotion. Tu n’as rien à faire des femmes en général ni des minorités sauf à les utiliser pour ta propre promotion, pensant à toi seule, uniquement à toi.

Tu n’aurais pas dû écrire de telles niaiseries sur le Premier ministre. Il fut ton patron quand tu étais ministre. Il t’a poussée pour que tu continues ta carrière.

Tu n’aurais pas dû à ce point te montrer arrogante. La politique, ce n’est pas « Gala », « Paris Match » ou « Closer » pas plus que la télévision. C’est autre chose, de plus profond, plus respectueux. La politique, ce devrait être plus de fidélité, de travail et surtout d’idées.

J’ai été choqué par cette lettre ouverte car tu y utilises l’aspect le plus noir de ta personnalité, ta notoriété médiatique, pour salir la politique, ton mouvement, le Premier ministre et Paris.

Maintenant que tu as craché ton venin, il faut que tu en tires les conséquences. Donne ta démission du poste de député européen que tu méprises tant et où l’on ne te voit jamais. D’ailleurs, ne l’as-tu pas dit toi-même dès le début de ton mandat ? A l’époque, tu ne l'as choisi que pour faire ta promotion. Tu n’as pas, semble-t-il, brillé au Parlement européen. Donne aussi ta démission de la mairie du 7ème arrondissement. Les électeurs pensaient voter pour l’UMP et non un « rachidadatisme » outrancier.

Tous ces postes qui t’ont été octroyés ne sont vraiment plus dignes de toi. Va et crée un parti politique, tu verras alors ta solitude !

Pr. Bernard DEBRÉ

Ancien Ministre

Député de Paris

 

 

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Publié dans UMP

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