Et même...

Publié le par Thierry Bonnaud

Xavier Darcos a fait aujourd’hui sa première intervention officielle en tant que Ministre de l’Education Nationale. Il était au congrès des parents d’élèves PEEP - association de parents d’élèves cataloguée à droite, mais on peut penser que si la FCPE avait eu son congrès ce dimanche là, il y serait allé aussi… - 
Acte 1 : parents je vous aime 
Xavier Darcos, a assuré aux parents d'élèves qu'il veillerait à ce que leurs droits soient « reconnus, respectés et même étendus ».
 
Quand on sait que, pour la plupart des enseignants, une des grandes causes du malaise et du mauvais fonctionnement du système c’est que la «  communauté éducative » ne fonctionne que dans un sens c'est-à-dire que les parents ont tous les pouvoirs, toutes les latitudes vis-à-vis de leur enfant, que l’enseignant ne peut que proposer et qu’il n’est jamais décisionnaire.
Votre enfant devrait voir un psychiatre ( et encore… par crainte d’avoir une plainte sur le dos parce que le parent aura entendu «  l’instituteur de ma fille a dit qu’elle était folle ! » on botte en touche et l’on dit « il faudrait peut être aller voir un orthophoniste… » )
Votre enfant n’a pas le niveau pour passer dans la classe supérieure… Vous n’êtes pas d’accord ? Vous faites appel ? D’accord donc… il passe !
Votre enfant devrait passer dans une structure spécialisée, il a vraiment des problèmes, il faudrait alors que vous donniez votre accord pour qu’il voit le psychologue scolaire. Vous vous y opposez ? D’accord, il continue le cursus habituel, même si ce n’est pas adapté pour lui… ( enfin la dernière phrase on la pense… on ne la dit pas ! )
Mais bon, le parent d’élève a toujours été vu ( tous gouvernements confondus … et ce depuis 1974 - réforme Haby - ) comme avant tout un électeur reconnaissant !
Xavier Darcos ne fait que se fondre dans le moule….
 
Mais Xavier Darcos, en préparant son discours, a du se rendre compte que, pour un ministre de l’Education Nationale avoir son premier discours, sa première parole vers les parents d’élèves, c’était peut être un peu maladroit vis-à-vis des enseignants…
 
Donc Acte 2
 
« De même que l'école a su s'ouvrir aux attentes des familles, la Nation doit entendre à son tour le message des enseignants car [ ils ] devaient être  respectés et même considérés »,
 
 Je ne suis pas grammairien, ni professeur de français mais dans la tournure de phrase «  respectés et même considérés  », le même me dérange énormément.
 
Les policiers doivent être respectés et considérés, le message est clair. Les policiers pensent alors que leur ministre - N.Sarkozy ou un autre ! - les soutient de façon forte.
Les médecins et infirmières des hôpitaux doivent être respectés et considérés, le message est simple. L’hôpital se sent alors revalorisé…
 
Mais que les enseignants doivent être respectés et même considérés ( voire même considérés, éventuellement considérés, à la limite considérés… ) je trouve le même très réducteur, méprisant, une sorte de considération par défaut, par obligation, par nécessité.
 
Disons que, pour le coup, et pour être bien en rupture avec Mai 68, je ne donne pas un bon point à Xavier Darcos !
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